Pendant dix siècles, les oeuvres écrites anciennes sont préservées avec plus ou moins de respect par des moines. S'efforçant de sauvegarder les ouvrages des pillages, des incendies et de l'usure du temps, ils stockent, rénovent, recopient les manuscrits des Anciens, Grecs et Latins. Ils en créent de nouveaux aussi. Le livre est une denrée rare et d'un prix si astronomique que seuls les souverains ou des nobles peuvent s' offrir. A force d'être copiées et recopiées, les oeuvres des auteurs Anciens ont été édulcorées, voire censurées. Les discours théologiques se fondant sur le texte écrit auquel il est constamment fait référence, il y a peu de chance de se voir contredit. Il existe en effet une sorte d'autorité naturelle de la chose publiée (c'est écrit, donc c'est vrai) qui tient sans doute à la rareté des ouvrages. La CITATION a presque valeur de preuve et de démonstration. Comme personne ou presque ne possède de livre, les débats restent limités aux clercs qui ont accès aux bibliothèques. Dans cette société totalement dominée par le religieux, le média de référence est entièrement entre les mains des hommes de la foi.